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Clark en mode patron, DeChambeau de retour, Scheffler et Coussaud au fond du classement –

Brouillard à l’aube, suspensions de jeu, obscurité à 20h25 heure locale — le premier tour du 126e US Open n’a pas fini de se jouer que le classement provisoire raconte déjà une histoire. Wyndham Clark est stratosphérique. Scottie Scheffler, lui, avait l’air de vouloir mordre son fer 7. Et nos deux Français ne vivent pas la même journée.

Brouillard, vent, nuit tombée : un jeudi façon puzzle

Le départ du matin a été repoussé de deux heures à cause d’un épais brouillard sur Long Island. Résultat : la vague du matin s’est retrouvée à jouer dans des conditions nettement plus difficiles — vent fort, greens déjà ultra-rapides — quand l’après-midi a profité d’un calme relatif avant que la nuit ne stoppe tout à 20h25 heure locale. Plusieurs joueurs n’ont pas bouclé leur tour. Le deuxième tour débutera vendredi matin avec des parties de première ronde encore en suspens.

Shinnecock Hills avait prévenu : le par 70 du William Flynn design est un monstre quand les conditions s’emballent. La dernière édition ici, en 2018, avait été une hécatombe. Cette fois, le parcours s’est montré légèrement plus clément dans l’après-midi — du moins pour certains. Pour d’autres, la journée a viré au cauchemar dès les premiers trous.

Clark frôle l’histoire, quatre coups devant tout le monde

Wyndham Clark jouait dans la vague de l’après-midi, au moment où le vent s’est assagi. Résultat : le champion 2023 de l’US Open a réussi quelque chose de proche d’un tour de force. Six sous le par en seize trous, avec deux trous encore à jouer quand la nuit a mis fin à sa partie. Il devançait alors l’ensemble du peloton de quatre longueurs — Dustin Johnson, Jon Rahm, Matt Fitzpatrick dans le groupe des poursuivants à -3.

Ce que Clark a montré à Shinnecock mérite qu’on s’y attarde. Il a réussi la sortie en 32 coups (huit sous un par 40 théorique sur le premier neuf), annulé un bogey sur le par-3 du trou 2 avec deux birdies consécutifs dans la foulée, puis planté une approche remarquable sur le par-5 du trou 5 pour un eagle à courte distance. Une régularité qui tranche avec le reste du tableau.

Le chiffre qui circule dans les couloirs : si Clark finit son premier tour à -8 ou moins, il se retrouverait dans un territoire statistiquement rarissime à Shinnecock Hills. Pour mémoire, seuls trois joueurs ont terminé sous le par sur 72 trous dans toute l’histoire du championnat sur ce tracé — Raymond Floyd (1986), Retief Goosen (2004) et Phil Mickelson, deuxième cette année-là.

DeChambeau et le drive de 427 yards : quand le monstre s’éveille

Bryson DeChambeau est le tenant du titre — vainqueur à Pinehurst No.2 en 2024. À Shinnecock, il a réussi ce que peu de joueurs font sans même chercher à épater la galerie. Sur le trou 12, un par-4 mesurant 472 yards, il a balancé un drive de 427 yards, laissant un pitché de 45 yards vers le drapeau. C’est le genre de statistique qui rend les architectes de parcours légèrement déprimés.

Le chiffre brut dit tout sur la puissance brute du bonhomme. Mais à Shinnecock, la longueur ne suffit pas. Le rough est épais, les greens n’attendent que les erreurs. DeChambeau sera à surveiller de près en deuxième partie de classement : quand il parvient à canaliser sa puissance sur un parcours qui punit les excès, il est capable de tout.

Scheffler, l’œil qui tue et le score qui fait mal

Scottie Scheffler, numéro un mondial, visait ici bien plus qu’un titre. Un Grand Chelem de carrière — le septième de l’histoire du golf masculin. Il a 30 ans dimanche, jour de la remise du trophée. Le scénario semblait taillé sur mesure.

Sauf que Shinnecock a dit non. Le Texan a rendu une carte de 72, soit +2. Il est passé par des phases d’agacement visible, notamment après une série de trous mal négociés. Les médias américains mentionnent une discussion animée avec son entraîneur en fin de partie. Scheffler « encore très énervé » — selon l’expression qui tourne — n’a rien d’inédit. On l’a déjà vu exploser lors des Masters 2025. Sa façon de gérer la frustration n’a pas changé. Ce qui compte : il reste dans la course, mais avec quatre à six coups à combler selon ce que Clark terminera vendredi matin.

McIlroy, solide sans flamboyer

Rory McIlroy a rendu un 69, -1. Ça ressemble à une petite carte en Majeur. À Shinnecock, avec le vent de jeudi, c’est une performance honnête. Il avait lui-même évoqué le danger de « shooter hors du tournoi dès le premier jour », en référence à son 78 catastrophique sur ce même parcours en 2018. Mission accomplie, à défaut d’être spectaculaire.

Saddier garde l’espoir, Coussaud devra s’accrocher

C’est le premier US Open pour Ugo Coussaud. Premier Majeur de sa carrière, tout simplement. Le joueur de la St Laurent Golf Team avait déjà montré à la qualification finale qu’il était capable de sortir des scores bas (-10 sur 36 trous). Mais Shinnecock un jour de vent, c’est une autre planète que n’importe quel qualifying site.

Coussaud était en difficulté en cours de parcours. La donnée concrète : il n’était « pas dans le bon tempo » selon les remontées en direct, à rebours de son compatriote Adrien Saddier. Coussaud devra livrer un deuxième tour de haute tenue pour passer le cut — l’US Open pratique l’une des coupes les plus sévères du circuit, limitée aux 60 premiers et leurs égaux.

Saddier, lui, était présenté comme « dans le bon tempo » après ses premiers trous. Plus expérimenté dans les tournois du circuit américain, le Français se bat pour rester dans le tableau. Les deux partagent leur groupe avec l’Américain Jackson Van Paris — une parenthèse tricolore au milieu de la mêlée anglo-saxonne.

Le putting de Saddier, chiffre du jour

Dans le récap statistique du tour, le putting d’Adrien Saddier retient l’attention. Sans score précis encore disponible sur l’ensemble du premier tour, il figure parmi les données chiffrées notables que la presse spécialisée met en avant. Saddier est un joueur qui gagne ses tournois sur les greens — ça se vérifie encore à Shinnecock, même sur un sol rapide qui pardonne rarement les excès d’audace.

Questions pratiques autour de ce 1er tour

  • Pourquoi le cut de l’US Open est-il si dur ? L’USGA applique la règle des 60 meilleurs et leurs égaux — pas les 70 comme au PGA Championship ou au British Open. Sur un champ de 156 joueurs, environ 62 à 65 passent le week-end. C’est le Major qui élimine le plus.
  • Clark peut-il vraiment créer l’exploit historique à Shinnecock ? Oui, si le vent se lève pour la deuxième ronde et pénalise les autres. Mais Shinnecock a déjà vu des leaders du premier tour fondre comme neige. Brooks Koepka en 2018 avait géré la pression différemment — Clark, champion 2023, a déjà prouvé qu’il pouvait supporter le poids d’un dimanche d’US Open.
  • Où en est Scheffler dans sa quête du Grand Chelem ? Il reste dans la course, techniquement. À quatre ou six coups du leader après 18 trous sur un par 70, il faudra deux tours sous 70 pour revenir. C’est faisable. Ce n’est pas probable.
  • Jason Day s’est retiré — qu’est-ce qui s’est passé ? L’Australien a abandonné en cours de premier tour après seulement dix trous. Aucune blessure grave annoncée, mais les détails n’ont pas été précisés au moment du retrait. Son groupe (Aaron Rai, Collin Morikawa) a continué à deux.

Sources :

PakarPBN

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